mercredi 6 janvier 2010

Vivre sa religion en terre de Mahomet


La Mecque, lieu de pélerinage de tout musulman, se trouve sur la péninsule arabique, en Arabie Saoudite, qui a une frontière commune avec le Sultanat d'Oman.

Toute la péninsule est musulmane, avec des variations importantes dans le degré de pratique, et dans la tolérance vis à vis des autres religions.

Nous avons eu la chance de rencontrer l'an dernier le vicaire apostolique de la péninsule arabique, Paul Hinder, qui visitait l'une des quatre églises catholique du Sultanat d'Oman.

Il y a donc des lieux de culte pour les chrétiens, qui sont invités à ne pas pratiquer leur religion de manière officielle en dehors de ces églises:

Citation en provenance de cet article :
L'église Saint Pierre et Paul de Ruwi est une des quatre églises du pays. Une autre se trouve aux environs de Mascate, l'église du Saint Esprit à Ghala, la troisième est plus au nord à Sohar, l'église Saint Antoine, et la quatrième est au sud, à Salahah, la paroisse de Saint François-Xavier. Tous les terrains où sont construites ces églises ont été donnés par le Sultan Qaboos Bin Said Al Said et les paroisses appartiennent au Vicariat de la Péninsule arabe. Les fidèles des églises omanites sont tous étrangers venus ici pour travailler : à Oman, en effet, un tiers de la population est immigrée pour des raisons professionnelles.

Pour notre part, nous avons fréquenté The Holy Spirit Church, située à Ghala.


(image piquée sur le site de la paroisse )


On a d'abord testé la messe en famille en anglais le vendredi (jour chômé, comme le dimanche d'ici !) Catastrophe: des centaines d'indiens, phillipins et sri-lankais, droits comme des i, silencieux et recueillis...mais pas un seul enfant. Les nôtres n'étaient pas à leur place. On a appris plus tard que leurs enfants étaient en cours de catéchisme, et avaient leur propre messe un peu plus tard dans la matinée. On a eu le temps de palper l'immense ferveur de ces expatriés qui ont quitté leur famille, leur village, pour venir travailler ici.

Une petite photo emprunté au site ?



Puis en faisant appel à notre femme de ménage pour garder les enfants, on a tenté la messe en arabe avec la communauté libanaise, à 20h30, le mercredi soir, premier soir du week-end. La messe est souvent suivie d'un partage de boissons et galettes au thym. L'accueil a été chaleureux, et j'ai apprécié de pouvoir parler un peu français, moi qui ne connais pas un mot d'arabe...

Et pour la messe ? Un missel a été indispensable...et comme le prêtre de la paroisse est indien, il pose les questions en anglais, les paroissiens répondent en arabe. Il lit l'Evangile en anglais, puis un membre de la communauté libanaise le lit en arabe. L'homélie est en anglais,  les chants sont en arabe, soutenus par une petite chorale, et un synthé avec tempo batterie et cymbales, à la Jean-Michel Jarre ! Pas de feuille de chant, mais un projecteur qui envoie le power-point des paroles, agrémentés de dessins un peu nouvelle vague kitch...         
                               

En fait, si vous aimez le kitch, courrez-y (enfin, il faut aussi aimer un peu Jésus, sinon, je ne vois pas trop l'intérêt...)
Voici la grotte de Masabielle, reconstituée à Mascate:


Surmontée du "petit" panneau éclairé de son néon interne:


Il faut dire qu'on voue ici un culte reconnaissant à la mère du Christ, notre maman du ciel: (toujours éclairée au néon !)


Au mois de mai, mois de Marie, à partir de la tombée de la nuit (18h30) scintille le beau chapelet:

A sa droite, on aperçoit un grand panneau, qui résume les horaires des messes de la semaine en cours, et la langue dans laquelle elles seront célébrées...

S'il vous manque une petite bible en Hindi, Tamoul, ou arabe, entrez là:



Question messe en famille, on a donc traversé le désert pendant quelques mois, avec tout de même deux oasis: la messe de Noël, célébrée en français par le père Walid, venu du Liban pour les fêtes, et qui est revenu pour dire la messe de Pâques.

Deo gratias !

mercredi 2 décembre 2009

Les secrets des demeures omanaises

Après avoir admiré les ronds-points, vous pouvez imaginer le délire doré des intérieurs.


Je vous préviens, vous allez vous régaler...

D'un point de vue extérieur, les maison sont souvent des cubes, blanchis.


Ca se dégrade lorsque le propriétaire a de l'argent. Tout comme le téléphone ou la voiture, la maison peut être un signe extérieur de richesse.
Les plans deviennent alors alambiqués, la façade se pare de couleurs (palette assez variée et audacieuse), ou pire...de marbre.



Les femmes omanaises sont voilées, j'en ai déjà parlé, pour couvrir leurs formes et leur chevelure (longue et teintée au hénné) aux yeux des hommes, afin de ne pas provoquer chez eux de tentations. Lorsqu'une famille Omanaise reçoit chez elle, les hommes partent dans leur salon, les femmes et les jeunes enfants dans un autre salon.



Parfois, la porte d'entrée est commune, mais bien souvent, il y a deux portes. La plus grande et prestigieuse est évidemment réservée aux hommes...

Il en va de même pour le style des meubles et des ornements. Chez l'homme, dorures et luxe. Chez la femme, confort restreint et rusticité (à quoi bon, les enfants salissent tout, et pour le temps qu'elles passent en cuisine, pas la peine de charger la note !)

Alors, entre ces deux photos, qui a bien suivi ???Donc chez les femmes, le confort est moins luxueux. Mais l'accueil y est presque toujours formidable. Quelle ouverture d'esprit pour ces femmes d'ouvrir leur maison à ces inconnus qui viennent d'une autre planète ! Le repas est invariablement le même: poulet-riz sauce byriani, accompagné d'une salade tomate-concombre, à manger assis par terre, avec les doigts, off course. A de nombreuses reprises, nous avons été invités à la dernière minute ou presque, et j'admire ces femmes qui, sur "ordre" de leu mari ont cuisiné leur plat, avec leur fierté, et le sentiment de l'accueil, tradition ancestrale dans ces pays du Golfe.Quelques détails ont attiré mon attention:

Le magnifique tapis avec le portrait du Sultan Qaboos, juste sous la clim (dangereux en cas de panne, ça dégouline, et le tapis risque d'éponger !)





Le montage photo de toute la famille, grands-parents au centre, entourés de leurs enfants, conjoints, et petits enfants, sur fond "Hawaï", grande classe !





Plastique marron émaillé, assorti aux nombreux bouquets de fleurs artificielles...


Moulures, ogives, carrelages, mosaïques et ferronneries...Des cloisons à la japonaise, donnant sur un escalier marbre et ferronneries noires et dorées:

L'indétrônable téloche, branchée 24h/24, sur les dessins animés, avec des pubs de propagande:Une jolie porte sculptée...miam !En version studio, plus modeste, mais on peut y voir tapis, ventilo, clim et télévision...
Et les chambres ? Pas vu. Juste un indice, photo prise au supermarché du meuble:

Gloups !



lundi 5 octobre 2009

L'art du rond-point, ou la symphonie de la laideur routière

Si il y a une chose que je me permets de critiquer, c'est la faute de goût des Omanais. En tant que Française, venant directement de Paris, capitale du luxe et du rafinement, j'ai ouvert de grands yeux étonnés sur cette mode curieuse de sculptures grottesques au centre des (très) nombreux ronds-points. Et je ne pouvais pas garder pour moi ces photos prises à l'arrachée, lors de nos escapades de fin de semaine.

Les voilà en exclusivité:

Celui-là, c'est un de mes préférés: Nizwa, ancienne capitale, riche d'histoire, est maintenant une petite ville touristique, l'un des plus important pôle de production de dattes, mais...guère plus !Les magnifiques brûleurs d'encens en terre cuite peinte: celui juste en haut à droite est illuminé de l'intérieur pour symboliser le charbon rougeoyant qui fait fondre la résine d'encens. On n'arrête pas la sophistication !Là, on hallucine ? Non, ce n'est pas le service à thé d'Alice au pays des merveilles:Celui-ci, près de la frontière Emiro-Omanaise (?), représente un flacon d'eau de rose...so cute !Et puisque je suis partie sur ma lancée, continuons sur les décors de cinéma qui ornent le bord des routes: à l'entrée de la vieille ville de Mascate, ou du port de Muttrah, les fortifications rénovées, comme neuves:
Notez le coffre fort ouvert sur des bijoux anciens en or, et en argent, en haut à droite: opulence, à la sortie de la ville:
Le bouquet final, la cerise sur le gâteau, le clou du spectacle:Et si, en fait, le goût n'était qu' une impression subjective ?

lundi 14 septembre 2009

De l'Omanais ? Du vrai ? Mi Janvier, Muscat festival, un plongeon dans la tradition


Petite introduction, histoire de me faire un peu pardonner. 6 semaines d'absence, ça ne s'excuse pas. Juste de mauvais prétextes... Des enfants en pleine forme, des vacances pour profiter des uns et des autres, deux déménagements à recevoir...un peu de nostalgie en revoyant nos photos, en évoquant des souvenirs avec ceux qui sont venus nous voir, en donnant des consignes et conseils à nos successeurs, en voyant l'automne s'abattre si vite sur Paris...Un ordinateur qui refuse de rester connecté plus de 40 minutes, dans les bons moments. Mais me re-voilà avec un message long (et laborieux)

Alors replongeons-nous avec joie dans cette aventure Omanaise, tant que les souvenirs sont encore vifs...
Si vous résidez à Mascate, ou si vous avez le choix dans votre date de voyage, ne loupez pas le « Muscat’festival ». En hiver en général de mi janvier à mi-février, vous aurez un aperçu des traditions, coutumes, et savoir-faire ancestraux, le tout concentré dans un périmètre restreint. Le plus difficile sera de se garer, ou d’arriver à repartir du festival à une heure décente. Pour ma part, j’ai déserté la piscine (trop froid) pour aller à la fête foraine, traînant les enfants, leur promettant des frites (les pire de ma vie pas cuites, dans une huile datant d’avant Mahomet…un régal !).
Ouverture des portes à 16 heures, au Qurum Park, le seul grand espace vert de Mascate. Sortez votre porte-monnaie, l’entrée est payante (40 centimes d’Euros pour un adulte, la moitié pour un enfant de plus de 6 ans…encore une fois, c’est la ruine !) J’ai bien pris la file des femmes, mais à cette heure là, pas grand monde ! La foule arrive à la nuit. Les Omanais raffolent de ce festival, s’y rendent en famille, et viennent de très loin. (Certaines familles ne viennent à Mascate qu’une fois dans l’année, à cette période, pour LE festival)
J’ajoute tout de même que deux autres lieux abritent des festivités en rapport avec le festival : d’une part le parc d’attraction situé sur la route reliant Seeb (aéroport) à Barka. Impossible de le louper, un énorme embouteillage et des immenses parkings indiquent que c’est là. Nous n’avons pas eu le courage d’affronter la foule…Les familles omanaises se précipitent dans ce Dysneyland local éphémère !
Un autre site accueille les courses de chevaux, les démonstrations sportives (on a vu une compétition de jeunes pilotant des 4x4 roulant plusieurs centaines de mètres sur les deux roues de gauche : grotesque !) et parfois les courses de dromadaire, que nous avons loupées…la recherche d’informations fiables étant l’un des grand défis du festival ! On trouve ce site en front de mer, à la hauteur de l’aéroport.

Revenons à Mascate. Entre 16 et 18 heures, les Omanais qui font office d’acteurs arrivent lentement, les stands ouvrent peu à peu, les crêpes omanaises, étalées à la main commencent à cuire sur les plaques, les jongleurs chinois enfilent leur seconde peau bariolée, les plongeurs canadiens récitent une ultime prière, les danseuses omanaises retouchent leur maquillage outrancier, les photographes règlent leurs machines perfectionnées, et les familles Omanaises commencent à se dire qu’un petit tour au festival ce soir serait une bonne idée. Les petits français que nous sommes assistent à cet éveil de la fête, voyant l’heure du coucher approcher…demain, l’école reprend à 7h45.
Le soleil se couche vers 18 heures. Et là, le spectacle commence.
Un village Omanais se détache de la fête. Tous les artisans y sont à l’ouvrage, les chants traditionnels s’enchaînent, les hommes fabriquent le Halwa, sorte de pâte moelleuse, très sucrée, qui accompagne le café très léger. (Le Halwa est composé de crème de lait de chèvre, de pâte de sésame, de sucre (peut-être de miel de datte = jus qui suinte sous les sacs de 50kg de dattes !), cardamome, et parfois eau de rose et safran)
Chaque région a sa recette, que les hommes se transmettent, puisque les femmes ne sont pas autorisées à le fabriquer.
Le village omanais est le seul endroit du pays où l’on peut photographier des vieillards barbus, et des bédouines masquées et des enfants en tenue de fête sans avoir à leur demander leur autorisation.
C’est un régal pour les yeux. Et le festival est un moyen inespéré de côtoyer des locaux, pour les touristes et expatriés qui n’ont pas la chance de les voir vivre. C’est même une façon de prendre des cours accélérés de civilisation, puisque les gens âgés répètent pour nous des gestes ancestraux.
En trois décennies, le pays est passé d’une pauvreté extrême à une richesse de moyenne puissance. Grande est la tentation pour les jeunes générations d’oublier ces techniques d’artisanat qui occupaient leurs aïeux. Mais les traditions sont ancrées dans l’âme collective des Omanais.

jeudi 6 août 2009

Allo ?

Y'a quelqu'un ?
Anne-Persil ?

Oui...

Les vacances m'épuisent (piscine, tourisme, pique-niques et farniente)

Je prépare tout de même de nouveaux messages. Pour faire patienter mon lectorat indulgent, quelques clichés d'Omanais, entre tradition, et modernité !



Ne quittez pas, un correspondant va vous répondre !