mardi 7 avril 2009

Je suis née, à nouveau !

L'information restait confidentielle, tenue au chaud comme un secret. Puis elle a éclaté au grand jour...
Il restait à connaître la date, à se procurer le passe (un parcours complexe, chuchoté, une poursuite à travers la ville, pour finir par dégoter le sésame dans un magasin exclusivement dédié à la vente d'alcool !), et à attendre, longtemps, très longtemps.
Puis un jour, un peu par surprise, alors que je vivotais dans ma bulle quotidienne, je me suis sentie poussée dehors, nous étions dans un corridor qui se resserait jusqu'au passage final, goulet d'étranglement d'où on ne pouvait s'échapper.

Et là, j'ai basculé vers un autre monde, assourdissant de brouhaha, étincelant de lumières violentes. Dès mes premières secondes de vie, on attrappe un morceau de moi, pour m'étiquetter. J'ai mon bracelet, donc je suis.
Je me meut dans ce drôle de microcosme, je me nourris de nouvelles saveurs, Hamburger/frites, des jeunes filles voilées en uniforme se promènent entre mes camarades d'un jour proposant des seaux de bières à un prix exhorbitant. Je converse avec des gens que j'avais déjà vus dans une autre vie, je croise des jeunes filles britanniques qui ont oublié leur pantalon, ah, non, c'est la mode de la mini jupe...
Et j'attends, j'attends ma nourriture.

Je suis là pour ça.

Et c'est long, très long.

Pour me faire patienter, on tente de m'envoyer des menus cadeaux. Je reçoit un pare-soleil en pleine poire, qu'un gorille m'arrache aussitôt. Maintenant, je m'impatiente. L'attente est vraiment trop longue. Et pourtant, la température est douce, les amis retrouvés sont là, attendant aussi ce cadeau du ciel...
Alors qu'on avait presque oublié pourquoi on était là, IL arrive, tel le Messie...

Il est jeune, il est beau, il est en costume-cravate, le gendre idéal (passons très vite sur le fait que ses pupilles sont tellement dilatées qu'on suppose qu'il n'a pas pris qu'un Pepsi avant de venir me voir)
Il est là, à 5 mètres.
Et il commence à me chanter des berceuses, qui vont me tenir éveillée jusque tard dans ma première nuit de cette vie.



Le temps n'est plus rien, chaque moment est un petit délice.
Il me parle, il me regarde, comme une Maman qui s'occupe de son nourrisson.
Une jeune écossaise de 50 berges, perfusée à la bière Foster's se colle à moi, me carressant l'épaule, et hurlant des mots d'amour à James...à ce rythme, plus de doute, je progresse en anglais..."You're a fuck* sexy Goy, James ! I love you !" Mais comme même dans ce monde merveilleux tout a une fin, il me faut repartir dans l'autre vie, la vraie, celle avec des enfants qui gesticulent, se disputent, et me sollicitent tous ensemble pour des choses bien différentes...La transition se fait néanmoins dans les bulles pétillantes de nectar de fête, chez des amis attentionnés...
Quel excellent souvenir.
Merci James Blunt d'avoir fait un crochet par Mascate lors de votre tournée mondiale. Un petit concert à 1200 personnes, sur une pelouse...nous étions finalement en toute intimité.
You're beautifull...

-------------------------------------------------------------------------------------------------Droit de réponse:

Je le reconnais, le précédent message ayant atteint des sommets de mièvrerie, je tiens à préciser plusieurs petits points
1- je vais encore prendre une année dans quelques jours, je ne suis plus une adolescente (contrairement à ce que certains auraient pu croire en lisant mon article de groupie échevelée)
2-j'étais en excellente compagnie, puisque mon légitime époux est re-né avec moi (jeu de mots pour les fans de Céline Dion)
3-à part quelques rares concerts qui plagient des grand artistes d'un autre temps, les stars internationales ne courrent pas les wadis du coin
4-c'est MON blog, j'écris ce que je veux ! Et toc !

(à prendre au second degré, merci ;-)))

lundi 6 avril 2009

Pub...

Publicité pour un bouquin.
L'Oman Off Road décrit des itinéraires de promenade, en 4x4, pour sortir un peu de sa vie plan-plan d'expat, pour se relever de son transat au bord sa piscine de luxe, et pour s'ouvrir un peu l'esprit. Et pour les râleurs, les endormis, les flemmards, je tiens à préciser que "quand on a vu un wadi, on les a tous vus" est une affirmation fausse. C'est au moins aussi réducteur que de dire "je n'aime pas les légumes" ou "Les Omanais sont ceci ou cela" (surtout quand on les critique !!!).
Pour ceux qui craignent vraiment la chaleur, je précise qu'entre Octobre et Mars, se promener dans le pays est un régal, que les voitures sont toutes équipées de climatisation, et qu'en partant avec suffisamment d'eau, on évite le coup de chaleur redouté des occidentauxs effrayés par la canicule de l'été 2003.
Après cette petite mise au point, revenons à notre bouquin.

Il n'est pas parfait, il y manque souvent des informations, il n'est pas à jour (il date d'avant l'ouragan GONU qui est passé en juin 2006 et qui a ravagé des routes, en particulier celle de la côte entre Mascate et Sur) Les nouvelles routes qui ont été construites depuis sa parution n'y sont évidemment pas notées.
Les cartes sont des photographies prises par satellite, il n'y a donc que les axes qui concernent la ballade envisagée. C'est dommage pour ceux qui auraient voulu en voir plus.



Mais pour nous, c'est largement suffisant !
Bien qu'il soit en anglais, on apprécie les explications sur ce qu'il y a à découvrir dans le coin, les photos sont magnifiques, on se fait finalement assez vite au concept de la photo-satellite (au moins, on a une idée du relief !), et...sans ce livre, il n'y aurait presque rien...juste des cartes peu précises, avec les axes.
J'ai commencé à mettre à jour mes messages en proposant entre parenthèses et en jaune les pages qui permettront de retrouver l'itinéraire dans l'Off-Road...cool !

Alors, prêts, feu, partez !

samedi 4 avril 2009

Wadi Kharus, ou "Orangina, secoue, secoue-moi !"

A réserver, si vous voulez être secoués, aux jours qui suivent de fortes pluies. De ce côté là, on est servis. On a, cette année, largement dépassé les statistiques qui nous annonçaient deux jours de pluie...on doit être à 15. Nous ne nous en plaindrons pas, la température extérieure aura bien le temps de monter plus tard !!!
Donc visant habilement entre deux averses, nous avons décidé hier d'embarquer notre marmaille pour une sortie à la journée. Nous sommes partis un peu tard, c'est dommage, nous aurions aimé en profiter un peu plus, une fois sur place.
Car pour y aller, la route est un peu longue.
Départ Mascate, direction Barka, puis on pique vers Rustaq via Nakhl, qu'on dépasse. On laisse le Wadi Mistal, puis le wadi Abyad (vieilles connaissances) et avant le Wadi Bani Awf (encore un qu'on connaît !) on s'engage sur la piste.(Off Road, p.172 à 175)
La première branche du wadi, (OFF ROAD 172-173) qui part vers la droite vers AS SUWAYH et AL HIJAYR est peu intéressante. Un canyon, dont les gorges peuvent se remonter un peu, en marchant sur le falladj aérien (nous renonçons immédiatement, d'autant qu'une couche importante de boue encore humide a recouvert le sol).







Ciel laiteux = photos fades...
Belle moquette, non ?
On peut aussi marcher le long d'un petit canyon, juste à côté, sur un chemin facile, qui débute par de vieilles maisons dont les murs sont en pierres. Nous rencontrons deux adolescents, dont l'un déplore le fait qu'il ne trouve pas de travail, ni lui, ni ses deux frères. Trois hommes au chômage dans une même famille, les efforts pour sortir le pays de la misère n'ont pas encore permis d'atteindre les fonds des wadis. Il espère trouver une place de fonctionnaire dans un ministère. Inch'Allah !
Retour à l'embranchement entre les deux pistes. Nous reprennons la direction de AD DAR, et longeons donc le Wadi Bani Kharus (Off-Road p. 174-175).
Si le début de la piste est chaotique et très barbant, long et sans charme, le cadeau final vaut néanmoins le voyage...

Des cailloux, des trous, malgré le récent passage d'une pelleteuse, la pluie a fait son sale boulot. Le petit dernier adore ça, l'aîné se cogne à sa vitre, l'avant-dernière hurle de peur, et le cadet ? Rien, il ne dit rien, il est plongé dans un dessin de tortue qui pond (il a eu un lavage de cerveau, en classe, avec expédition punitive pour aller voir la ponte de nuit, depuis, il ne pense plus qu'à ça !!!)

Après avoir traversé quelques villages, souvent construits autour d'une palmeraie, ce bout du wadi recelle un trésor inattendu:
une palmeraie verdoyante, ordonnée, luxuriante, qui longe le canyon du fond du wadi que la route surplombe. De vieux villages contemplent ce spectacle tranquille. La route serpente entre les maisons, les chèvres se promènent, nonchalantes, tandis que les enfants courrent par groupes. Des bébés se tiennent à l'orée des maisons, certains s'aventurent sur la piste, seuls, indépendants.


Après une franche montée, nous arrivons à nous garer pour laisser passer un habitant au volant de son pick-up, puis la piste redescend très vite, et nous nous retrouvons dans le fond, il faut franchir le cours d'eau à gué. Nous nous garons sous un village habité, et nos enfants construisent des barrages dans l'eau, sous l'oeil attentif de petis villageois.


Une carte postale à celui ou celle qui me donne le nom en français de cet arbre :



Maisons de type Yéménite:

Dernières cultures en terrasses:

Le soleil se couche sur la route du retour, après avoir quitté la piste, mais nous avons notre dénicheur de raccourcis: nous quittons la route confortable et éclairée pour emprunter une route, un sentier buissonnier, parfois recouvert de larges et hautes plaques de boue sèche...quelques dizaines de kilomètres plus tard, nous voilà enfin revenus à la civilisation...miam !

Pauvres petits, en manque de sommeil, en carences alimentaires diverses, mais à l'esprit ouvert à l'aventure...

mercredi 1 avril 2009

Le souk de Muttrah, voyage des cinq sens

Après la visite à la mosquée, le second passage obligé pour tout visiteur à Mascate se trouve au souk.

Choc des cultures, surtout le soir, entre 18 heures et 21 heures, quand les Omanais viennent en famille flâner dans les ruelles couvertes.

Le souk est alors une fourmillière, les odeurs d'encens vous envoûtent, les marchands vous poursuivent avec des étoles synthétiques lançant leur slogan "Pashmina, Madame, Pashmina". Il y a tant à voir, à observer, à comprendre. Le marchand de souvenirs fabriqués en Inde cottoie le vendeur de casseroles de compétition, les jouets à 1 O.R (= un rial omanais, équivaut en ce moment à 2€) de Chine, qui ne survivront pas aux mains potelées des enfants avoisinnent les graines de fenouil, les écorces de cannelle, ou le safran Iranien. A part les épices, on n'achète pas de nourriture dans le souk. Un peu plus loin, le souk de poisson, ouvert tous les matins, regorge du fruit généreux de l'Océan Indien.





Vous êtes décidés, vous entrez dans une boutique pour acheter des babioles en argent, un Khandjar (le couteau omanais recourbé, dont le fourreau est en arget ciselé), un hochet, ou un "porte-messages". Il va vous falloir ruser, perdre du temps, comparer, négocier, accepter parfois une tasse de café omanais, aromatisé à la cardamome, et enfin vous décider, conclure au meilleur prix. Quelle expérience !



Vous vous laissez guider par la foule, à moins que vous ne fuyiez les centaines d'européens blafards et ventripotants qui viennent de débarquer de leur cargo-croisière-de-rêve-avec-trois-piscines-salle-de-sport-et-soirée-de-gala. Des femmes traînent leur embonpoint dans des robes légères, oubliant que nous sommes en terre d'Islam, et que par égard pour les femmes d'ici qui ne dévoilent que les mains et le visage, cacher épaules et genoux serait un minimum...


Pour les fuir, une solution, testée hier encore: abandonnez les larges ruelles, et empruntez les venelles "de service", désertées des touristes, et de vendeurs zélés.



A la sortie, sur la corniche, offrez-vous un jus de fruit frais pressé, parce que vous le valez bien !