Il y a deux ans, dîner familial à Paris, enfants excités par la fin de l'année...
"Les enfants, comme vous devez vous en douter, on va déménager"
"Ben oui, on a eu encore un bébé, on voudrait bien chacun sa chambre..."
"Loupé, pour le moment, on n'a pas encore de maison, mais vous serez encore deux par chambre. Ce qui va changer, c'est qu'on prendra l'avion pour rejoindre notre nouvelle maison. On part au pays des chameaux"
Sultanat d'Oman. Personne ne connaît. Quand on parle de "Péninsule Arabique", c'est déjà plus clair. Quand on fini par lâcher "un pays voisin des Emirats, Dubaï, Abu Dhabi", là, l'oeil de votre interlocuteur s'éclaire...
Mais en fait, des chameaux, il y en a, quelques uns, certes. (à une bosse, donc des dromadaires, mais dire "chameau", c'est tout de même beaucoup plus mytho...puis c'est de la même famille, alors...)
En fait, on est partis au pays des chèvres.
Partout. Dans chaque village. Même dans les coins les plus reculés. Partout.
Pas sauvages, pas non plus très gardées. Mais elles ont toutes un propriétaire, qui saurait vous retrouver s'il vous arrivait pas mégarde d'en écraser une sous vos roues de 4x4 baroudeur.
Et les chèvres mangent de tout. Des feuilles d'accacia, avec les épines qui laissent des estafilades affreuses sur nos jambes...elles attrappent ça avec leur langue râpeuse, et sont prêtes à escalader votre voiture si vous avez eu la mauvaise idée de vouloir la garer à l'ombre... (ça sent le vécu, non ???)
Elles mangent des sacs poubelles comme on mâcherait un holliwood menthe extra-forte.
Et elles escaladent des montagnes rocheuse sans aucune appréhension. Lorsque tout le monde fuit la chaleur, elles sont là. Partout, tout le temps.
Et parfois, leur destin est de finir dans nos assiettes. Au rayon viande, si vous lisez "Mutton" sachez que vous mangerez de la chèvre. C'est comme ça. Jamais compris pourquoi. Si quelqu'un a une idée, j'attends vos commentaires, ça me changera des liens vers des sites incitables, ou des commentaires bêtes et méchants des gens qui ne comprennent pas le ton humoristique et espiègle de ce blog. (madame, monsieur, si vous vous reconnaissez, je vous prie de prendre le temps de lire à nouveau le sujet sur les maisons omanaises. Il y a fort à parier que vous n'avez pas saisi la nuance entre "je me moque pour être méchante" et "je taquine, en observant le choc des cultures, à travers nos intérieurs" J'ai pourtant bien insisté sur le fait que nous avions été reçus comme des rois, et j'en suis infiniment reconnaissante à ces familles. Quant aux critiques sur ma religion, je ne vois pas le rapport, ni en quoi ça vous regarde...)
Bon app' !
lundi 28 juin 2010
jeudi 15 avril 2010
mardi 6 avril 2010
Poissons d'avril, de mai, de juin...
Les vrais amateurs de plongée sous-marine ne survolent pas la moitié du monde pour venir voir les fonds marins omanais. En revanche, s'ils sont en vacances par là, il leur arrive de piquer un plongeon, et peuvent alors faire de belles rencontres.
Il nous a fallu pas mal de temps avant d'oser nous baigner dans les eaux souvent turquoises du littoral omanais. Avec les enfants, la tâche s'avérait parfois légèrement complexe. Surtout quand le petit dernier a commencé à vouloir se balader seul, vers 6 mois.
Mais à tour de rôle, nous avons bravé notre terreur de croiser deux ou trois monstres marins, et nous avons découvert ce monde fascinant et insoupçonnable.
Mais auparavant, notre curiosité avait été aiguisée par les nombreuses espèces de poissons étalées à même le sol dans les divers souks de poisson.
Le premier que nous ayons visité
Nos petits poissonniers parisiens posent leurs proies écaillées sur des lits de glace, alors que là, au mieux, c'est sur une natte à 2 rials, en plastique tressé. On apprécie alors la petite brise qui vient de la mer et qui aère un peu tout ça. Elle manque cruellement dans les souks de poissons des villages de l'intérieur.
(la pêche est embarquée dès le retour du bateau, dans des containers isothermes à l'arrière de pick-up: photo en bas à gauche du montage de Gwendoline de Dubaï)
Les hommes vendent, en négociant, d'autres s'occupent de préparer le poisson, à grand renfort de barres de fer qui tapent sur le couteau sale et pas aiguisé. Parfois un peu d'eau par un tuyau bien vieux, bien sale...on comprend que le poisson soit toujours bien cuit !
Donc l'épreuve est pour le nez et pour les pieds qui pataugent dans un peu d'eau glauque : évitez les tongs qui claquent en aspergeant tout autour, et les pantalons trop longs.
Les yeux, eux, vivent un festival:
Des couleurs et des imprimés:
Des dents acérées des requins menaçants, des raies, des poulpes, ou espadons:
(notez le carrelage bien propre...)
Pour aller voir ce qui se passe sous l'eau, un peu de route pour sortir de Mascate, on repère un petit port de pêche tranquille, ou on va dans les endroits touristiques (à peine sortis du 4x4 ou du car de tourisme, les enfants vous proposent le prix de la balade en bateau à moteur). C'est sûr, pour l'option du port désert, mieux vaut parler 3 mots d'arabe. Surtout quand vous demandez à votre "taxi" de vous déposer, et de venir vous chercher dans 30 minutes précises, parce que le soir même, vous êtes invités à un dîner chez des amis, et que vous avez encore une bonne heure de route pour rentrer...
Puis on s'équipe. Masque-tuba suffiront, des chaussures de plongée si on veut poser le pied au sol...les oursins sont énoooooooooooormes, et atteignent parfois 15cm. Ca traverse la chaussure (hein, Noé ?)
En avant !
Tous les poissons vus au souk sont susceptibles d'être là, évoluant dans un récif de corail. C'est magnifique, les couleurs sont somptueuses. Murènes, raies et serpents de mer savent se faire très discrets.
Et si vous êtes très patients, opiniâtres, et un peu chanceux, vous pourrez même danser avec les tortues... I did it ! Avec Séverine, qui vous raconte ça mieux que moi !!!
Remuer tous ces souvenirs me donne une faim de loup, vite, un tour chez mon surgeliste parisien, un peu de poisson en carré...ahhhhhhhhh !
A la prochaine !
jeudi 4 février 2010
Voisin-voisine
Les plans détaillés sont rares, mais commencent à arriver à Mascate.
Celui que j'ai trouvé le plus détaillé, le plus précis, le plus à jour:
En arrivant, j'ai dû me débrouiller avec un plan général de la ville, qui s'étend sur 40 kilomètres de long... Je me suis bien perdue, j'ai même appelé une maman de l'école croisée la veille, parce que je ne savais plus du tout où aller pour récupérer mes enfants...
Inutile de compter sur des passants pour me renseigner...il n'y a pas de piétons, peu de trottoirs, tout le monde a sa voiture, prend le taxi, ou un taxi collectif pour les plus pauvres.
Le mieux, lorsqu'on invite les gens chez soi, c'est de leur donner un petit plan fait main, avec un bon point de repère connu, et les rues alentour, avec leur numéro à 4 chiffres. Parce que même les GPS ont du mal à suivre les travaux, nouvelles routes, chantiers pharaoniques qui avancent à toute vitesse (grâce aux populations du sous-continent Indien, qui bossent jour ou nuit, sans râler, pour un salaire de misère)
Pour venir chez nous, c'était presque très simple. Nous habitions à proximité de la mosquée du Père du Sultan, appelée aussi mosquée turque...
Aussi belle de jour que de nuit, j'aurais aimé la visiter. Hélas, seule la mosquée du Sultan est ouverte aux non musulmans.
Souvenirs !
mercredi 20 janvier 2010
plouf !
Il commence à être loin, le temps des baignades quotidiennes à la piscine de l'hôtel de luxe dans lequel nous avions pris un abonnement annuel (espèce d'expat !) ou dans les eaux claires de l'océan Indien...
Nous sommes rentrés de Mascate il y a maintenant une éternité (6 mois !), et cette année, nous subissons en France un véritable hiver. Il fait froid, il a neigé, plusieurs fois, le verglas a recouvert les trottoirs, et la bise du nord souffle sans cesse. Le soleil se fait rare...
Autant dire que nous regardons nos photos de l'année passée avec un brin de nostalgie !!!
Près du cap Al Sawadi:
Les montagnes de Bandar Al Khairan (proches de Mascate):
Le wadi Abbyan, à 1h30 de route de Mascate, mon chouchou !
La petite crique derrière le complexe de PDO Beach (mascate, quartier Qurum)
Les eaux vertes et transparentes du Wadi Bani Khaled, lieu fort touristique, mais sublime !
Le troublant sinkhole, ou "Baït al afreet" ("trou du diable"), avec son eau turquoise, et salée:
La petite plage sympathique, version carte postale du Turtle Beach Resort, à quelques kilomètres de Ral has haad, la plage de ponte des tortues
Rarement, nous avons aperçu des omanais prenant le frais, comme cette famille profitant des 30° de l'eau, alors que dehors, le thermomètre affichait au moins 40°... à l'ombre !
mercredi 6 janvier 2010
Vivre sa religion en terre de Mahomet
La Mecque, lieu de pélerinage de tout musulman, se trouve sur la péninsule arabique, en Arabie Saoudite, qui a une frontière commune avec le Sultanat d'Oman.
Toute la péninsule est musulmane, avec des variations importantes dans le degré de pratique, et dans la tolérance vis à vis des autres religions.
Nous avons eu la chance de rencontrer l'an dernier le vicaire apostolique de la péninsule arabique, Paul Hinder, qui visitait l'une des quatre églises catholique du Sultanat d'Oman.
Il y a donc des lieux de culte pour les chrétiens, qui sont invités à ne pas pratiquer leur religion de manière officielle en dehors de ces églises:
Pour notre part, nous avons fréquenté The Holy Spirit Church, située à Ghala.

Question messe en famille, on a donc traversé le désert pendant quelques mois, avec tout de même deux oasis: la messe de Noël, célébrée en français par le père Walid, venu du Liban pour les fêtes, et qui est revenu pour dire la messe de Pâques.
L'église Saint Pierre et Paul de Ruwi est une des quatre églises du pays. Une autre se trouve aux environs de Mascate, l'église du Saint Esprit à Ghala, la troisième est plus au nord à Sohar, l'église Saint Antoine, et la quatrième est au sud, à Salahah, la paroisse de Saint François-Xavier. Tous les terrains où sont construites ces églises ont été donnés par le Sultan Qaboos Bin Said Al Said et les paroisses appartiennent au Vicariat de la Péninsule arabe. Les fidèles des églises omanites sont tous étrangers venus ici pour travailler : à Oman, en effet, un tiers de la population est immigrée pour des raisons professionnelles.
Pour notre part, nous avons fréquenté The Holy Spirit Church, située à Ghala.
On a d'abord testé la messe en famille en anglais le vendredi (jour chômé, comme le dimanche d'ici !) Catastrophe: des centaines d'indiens, phillipins et sri-lankais, droits comme des i, silencieux et recueillis...mais pas un seul enfant. Les nôtres n'étaient pas à leur place. On a appris plus tard que leurs enfants étaient en cours de catéchisme, et avaient leur propre messe un peu plus tard dans la matinée. On a eu le temps de palper l'immense ferveur de ces expatriés qui ont quitté leur famille, leur village, pour venir travailler ici.
Une petite photo emprunté au site ?

Puis en faisant appel à notre femme de ménage pour garder les enfants, on a tenté la messe en arabe avec la communauté libanaise, à 20h30, le mercredi soir, premier soir du week-end. La messe est souvent suivie d'un partage de boissons et galettes au thym. L'accueil a été chaleureux, et j'ai apprécié de pouvoir parler un peu français, moi qui ne connais pas un mot d'arabe...
Et pour la messe ? Un missel a été indispensable...et comme le prêtre de la paroisse est indien, il pose les questions en anglais, les paroissiens répondent en arabe. Il lit l'Evangile en anglais, puis un membre de la communauté libanaise le lit en arabe. L'homélie est en anglais, les chants sont en arabe, soutenus par une petite chorale, et un synthé avec tempo batterie et cymbales, à la Jean-Michel Jarre ! Pas de feuille de chant, mais un projecteur qui envoie le power-point des paroles, agrémentés de dessins un peu nouvelle vague kitch...
En fait, si vous aimez le kitch, courrez-y (enfin, il faut aussi aimer un peu Jésus, sinon, je ne vois pas trop l'intérêt...)
Voici la grotte de Masabielle, reconstituée à Mascate:
Surmontée du "petit" panneau éclairé de son néon interne:
Il faut dire qu'on voue ici un culte reconnaissant à la mère du Christ, notre maman du ciel: (toujours éclairée au néon !)
Au mois de mai, mois de Marie, à partir de la tombée de la nuit (18h30) scintille le beau chapelet:
A sa droite, on aperçoit un grand panneau, qui résume les horaires des messes de la semaine en cours, et la langue dans laquelle elles seront célébrées...
S'il vous manque une petite bible en Hindi, Tamoul, ou arabe, entrez là:
Question messe en famille, on a donc traversé le désert pendant quelques mois, avec tout de même deux oasis: la messe de Noël, célébrée en français par le père Walid, venu du Liban pour les fêtes, et qui est revenu pour dire la messe de Pâques.
Deo gratias !
mercredi 2 décembre 2009
Les secrets des demeures omanaises
Après avoir admiré les ronds-points, vous pouvez imaginer le délire doré des intérieurs.
Je vous préviens, vous allez vous régaler...
D'un point de vue extérieur, les maison sont souvent des cubes, blanchis.
Ca se dégrade lorsque le propriétaire a de l'argent. Tout comme le téléphone ou la voiture, la maison peut être un signe extérieur de richesse.
Alors, entre ces deux photos, qui a bien suivi ???
Donc chez les femmes, le confort est moins luxueux. Mais l'accueil y est presque toujours formidable. Quelle ouverture d'esprit pour ces femmes d'ouvrir leur maison à ces inconnus qui viennent d'une autre planète ! Le repas est invariablement le même: poulet-riz sauce byriani, accompagné d'une salade tomate-concombre, à manger assis par terre, avec les doigts, off course. A de nombreuses reprises, nous avons été invités à la dernière minute ou presque, et j'admire ces femmes qui, sur "ordre" de leu mari ont cuisiné leur plat, avec leur fierté, et le sentiment de l'accueil, tradition ancestrale dans ces pays du Golfe.
Quelques détails ont attiré mon attention:

Le montage photo de toute la famille, grands-parents au centre, entourés de leurs enfants, conjoints, et petits enfants, sur fond "Hawaï", grande classe !

Plastique marron émaillé, assorti aux nombreux bouquets de fleurs artificielles...
Moulures, ogives, carrelages, mosaïques et ferronneries...
Des cloisons à la japonaise, donnant sur un escalier marbre et ferronneries noires et dorées:

L'indétrônable téloche, branchée 24h/24, sur les dessins animés, avec des pubs de propagande:
Une jolie porte sculptée...miam !
En version studio, plus modeste, mais on peut y voir tapis, ventilo, clim et télévision...
Et les chambres ? Pas vu. Juste un indice, photo prise au supermarché du meuble:

Gloups !
Ca se dégrade lorsque le propriétaire a de l'argent. Tout comme le téléphone ou la voiture, la maison peut être un signe extérieur de richesse.
Les plans deviennent alors alambiqués, la façade se pare de couleurs (palette assez variée et audacieuse), ou pire...de marbre.
Les femmes omanaises sont voilées, j'en ai déjà parlé, pour couvrir leurs formes et leur chevelure (longue et teintée au hénné) aux yeux des hommes, afin de ne pas provoquer chez eux de tentations. Lorsqu'une famille Omanaise reçoit chez elle, les hommes partent dans leur salon, les femmes et les jeunes enfants dans un autre salon.
Parfois, la porte d'entrée est commune, mais bien souvent, il y a deux portes. La plus grande et prestigieuse est évidemment réservée aux hommes...
Il en va de même pour le style des meubles et des ornements. Chez l'homme, dorures et luxe. Chez la femme, confort restreint et rusticité (à quoi bon, les enfants salissent tout, et pour le temps qu'elles passent en cuisine, pas la peine de charger la note !)
Quelques détails ont attiré mon attention: Le magnifique tapis avec le portrait du Sultan Qaboos, juste sous la clim (dangereux en cas de panne, ça dégouline, et le tapis risque d'éponger !)
Le montage photo de toute la famille, grands-parents au centre, entourés de leurs enfants, conjoints, et petits enfants, sur fond "Hawaï", grande classe !
Plastique marron émaillé, assorti aux nombreux bouquets de fleurs artificielles...
Moulures, ogives, carrelages, mosaïques et ferronneries...
Des cloisons à la japonaise, donnant sur un escalier marbre et ferronneries noires et dorées:
L'indétrônable téloche, branchée 24h/24, sur les dessins animés, avec des pubs de propagande:
Une jolie porte sculptée...miam !Gloups !
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